À la recherche d’un cadre

Une peinture qu’on a toujours connue.

Sans âge. Sans cadre. Sans signature.

Un mystère au mur.

D’aucuns parleraient de croûte.

D’autres évoqueraient une ressemblance certaine avec une huile cotée.

 

Elle fait tapisserie.

Jusqu’au jour où place nette est faite.

Raser les murs pour répondre au B.A.ba du Feng-Shui.

On ne prend pas immédiatement la mesure de ce décrochage.

En trompe l’œil, on se réjouit de ce nouvel espace.

 

Mais l’œuvre au placard manque au décor.

Un cadre doré la sauvera des regrets.

Rafraîchir cette peinture pour dépoussiérer les souvenirs liés.

On part à la recherche du savoir-faire, du sur-mesure.

Encadrer la valeur sentimentale coûterait un bras.

 

Coup de génie, une recherche Google avec mots clef associés

Mène à quelques encablures de là. Près du parc Stalingrad.

Arrivé au numéro indiqué, on doute de la fiabilité de l’information.

Face à ce bâtiment qui ressemble (à dessein ?) à un hangar désinfecté,

On envoie comme assurance-vie un message à l’être aimé.

 

Nul pignon sur rue, Montys préfère la discrétion. Gage de qualité.

On sent que l’on tient une pépite dans ce couloir froidement éclairé,

Où la poussière respirée et le rideau en plastique annoncent un royaume inespéré.

Une machine automatique à café et veloutés permet de patienter.

L’analyse de l’expert nous orientera sur la meilleure baguette pour l’œuvre à cajoler.

 

Il y a l’embarras du choix, des couleurs, des ornementations.

Il y en a pour tous les goûts.

Et à voir la clientèle devant moi, en complet trois pièces,

L’adresse circule sous les plus beaux manteaux des galeristes à Paris.

Surprise, l’addition n’est même pas salée.

 

Une fois l’adresse testée et le résultat validé,

Il n’y aura plus un cliché de famille, un dessin du petit dernier

Que vous ne voudrez pas ne pas encadrer.

Jusqu’à susciter des vocations

Et imaginer pour la prochaine fête des voisins une exposition.

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