Devenir céramiste : des paroles à l’acte

A Pantin, Karine a les pieds dans l’O. Fin juin, elle a inauguré son atelier de céramiste au bord de l’Ourcq.
Pourtant, il y a 10 ans, elle étudiait la philosophie…

Une céramiste touche-à-tout

Karine ouvre ses yeux noisette pour la première fois en 1981, à Cergy-Pointoise, vingt minutes avant sa sœur jumelle.
Dès sa plus tendre enfance, elle est « plongée » dans le chaudron des arts : classes à horaires aménagés musique, guitare, peinture, mosaïque, flamenco, clown… Si bien qu’à l’heure des premiers choix professionnels, elle hésitera à entrer aux Beaux-Arts.
Finalement, Karine choisit la philosophie.

Diplôme en poche, lasse du stress des concours et refroidie par la perspective de devenir professeure, elle rejoint les rangs de l’animation. Puis, elle devient vendeuse de chaussures de luxe au Bon Marché. Un comble pour celle qui ne porte que :

« des vieilles grolles et n’achète qu’une paire neuve par an ! ».

Quelques années plus tard, en 2011, Karine est cadre, chargée de communication à l’agence numérique d’Ile-de-France, plutôt bien payée mais… malheureuse ; loin de son âme d’artiste et en manque de folie…

Lors d’un stage de clown – rouge sur le nez et étoiles dans les yeux –, elle confie à un ami son doux rêve de poterie. Sans y croire vraiment…
« Pourquoi tu prends pas des cours ? » lui lance t’il.
Oui, parfois, il suffit d’y croire…

Karine décide alors d’apprendre à « tourner ».

« Quand je commence mes cours, c’est très clair pour moi que je continuerai mon métier de communicante ».

Certes la poterie est une passion, mais cela reste un loisir.

Les années passent. Karine étouffe au travail. Il y a urgence ! Sortir de l’entreprise. Retrouver un nouveau souffle. Survivre…
Juste pour s’échapper un temps de l’entreprise, elle décide de monter un dossier de financement pour un CAP de tourneur-céramiste. Contrainte d’élaborer un business plan « en béton », elle se laisse convaincre.

« Quand je dépose ce dossier, je sais que, quoi qu’il arrive, je ferai ça ! ».

Son dossier est finalement rejeté. Mais un vrai projet professionnel est né !
Après six mois de formation chez un vieux tourneur italien, elle obtient son CAP, prête à ouvrir son atelier.

Un atelier ancré à Pantin

Au printemps 2015, Karine répond à un appel à projets de l’agglomération « Est Ensemble » et de la ville de Pantin. Ils réservent quatre locaux à des artisans d’art et des entrepreneurs du numérique dans un quartier en profonde mutation, au bord du Canal.

Elle inaugurera son atelier deux ans plus tard, en juin 2017.

« Cet atelier, c’est un lieu hybride, inspiré du coworking. Dans 40m², on retrouve mon atelier-boutique pour la vente directe, des cours (donc un lieu de transmission avec une vie de quartier etc.) et un petit coworking de céramistes pro. La perspective de ce lieu c’est de faire des passerelles entre tous ces mondes-là ».

Au début de l’été, les premiers cours ont commencé. Ses élèves habitent principalement Pantin. Le dimanche, de curieux promeneurs viennent de la Porte de la Villette.

Karine quant à elle, parisienne, apprivoise petit à petit Pantin.

 

Aujourd’hui, elle aspire à se remettre vite à créer : été comme hiver, vêtue d’un tablier en denim ou d’une salopette.

« La consécration serait aussi que mes céramiques plaisent, qu’elles touchent les gens… ».

Une pointe de poésie, à la bonne franquette !

Site web de Karine : https://www.atelier-karinegoldberg.com/

Un article réalisé par Clarisse Freyssinet pour https://lafillevousraconte.wordpress.com/

 

 

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